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L'histoire d'une compagnie… et d'un éléphant


Lors de son centenaire, en 1992, l’Industrielle Alliance a choisi l’éléphant comme symbole de l’entreprise. Cet animal et la compagnie possèdent plusieurs attributs communs :

la force et la puissance;

la solidité;

la longévité;

le sens des responsabilités et de la famille.

Ces qualités qui font de lui un animal attachant et fort sympathique, malgré son imposante stature, l'éléphant les développe tout au long de sa vie, auprès des siens, dans la savane africaine.

Qui est Angus?

Angus est l’éléphant qui a été au cœur de l’inspiration des publicités de l’Industrielle Alliance au milieu des années 90. C’est lui qui, plus tard, a inspiré la création du symbole de l’entreprise.

Angus est né en 1977. C’est au cours de cette même année qu’il a connu un destin tragique. Pourtant, sa vie en Afrique du Sud, dans le Kruger National Park, avait été très heureuse jusque-là, trop heureuse même… En effet, les éléphants vivant à l’intérieur du parc étaient devenus si nombreux que l'herbe, l'eau, les fruits et le feuillage qui constituaient leur nourriture principale se faisaient de plus en plus rares. Bien vite, ces immenses pachydermes allaient transformer ce paradis en désert brûlant. Aussi, les autorités du parc durent-elles, la mort dans l'âme, venir en aide à Dame Nature afin d’assurer la survie du parc et de ses habitants.

Des familles entières d’éléphants furent décimées. On ne voulait pas que les petits survivent avec le souvenir de leurs parents tués. Dieu sait si les éléphants ont une bonne mémoire! Angus était tout petit à l'époque, à peine 42 pouces de hauteur à l'épaule. Il fut sans doute jugé trop petit pour se souvenir, car il fut épargné.

Acheté par un marchand d'animaux, le petit orphelin quitta l'Afrique du Sud pour le sud de l'Amérique du Nord. Il séjourna quelque temps au Texas, puis poursuivit sa route jusqu'à... Québec. Se doutait-il qu'un jour il représenterait l’Industrielle Alliance, établie dans cette même ville?

En 1986, le Zoo de Québec en fit don au Zoo de Bowmanville, dans la région de Toronto. Ce fut ce jour-là que naquit la longue amitié entre Angus et Michael Hackenberger, son entraîneur. Michael venait tout juste d'acheter le Zoo de Bowmanville. Cependant, il avait déjà derrière lui 25 ans de passion pour les animaux. Dès la première rencontre, il reconnut l'intelligence, la solidité et l'honnêteté d'Angus.

Angus venait d'avoir neuf ans. Michael pouvait regarder par-dessus son dos. Quelque temps plus tard, pour faire la même chose, il devait grimper sur un bon escabeau. Aujourd’hui, Angus mesure dix pieds et quatre pouces à l'épaule et pèse 12 500 livres. Il a maintenant plus de 25 ans. Un vrai jeune homme! (L'âge des éléphants se compare à celui des humains.)

Une journée au zoo

Au Zoo de Bowmanville, Angus se levait à 8 heures du matin après seulement quatre petites heures de sommeil, couché sur un tapis de caoutchouc. Il dormait dans une grange très confortable en compagnie de huit autres éléphants. Angus dormait toujours à poings fermés, car sa grange était reliée à la maison de Michael par un système de surveillance vidéo. En plus de tous les autres canaux de télé, les enfants de Michael avaient le canal Angus!

Après un petit déjeuner qui n'avait rien de petit, commençait le grand ménage de la grange. C’était la valse des pelles et des brouettes. Angus était une bonne fourchette. Chaque jour, il mangeait 200 kilos de foin, 15 kilos de grains et 15 kilos de fruits (pommes, oranges, poires, bananes, etc.). Il arrosait le tout de 400 litres d'eau. Il buvait trois fois par jour et, en été, jusqu’à quatre à cinq fois par jour.

Jusqu'au midi, c’était l'heure du bain. Deux assistants frottaient, savonnaient et aspergeaient avec vigueur les huit éléphants. Une fois par semaine, Angus et ses amis avaient droit au traitement royal : un massage à l'huile de bébé pour rendre la peau douce, ou presque. L'huile de bébé était-elle livrée par camion comme l'huile à chauffage? Angus adorait prendre son bain. Imaginez un enfant qui barbote en riant dans une pataugeuse et vous connaîtrez sa joie. Après le bain, Angus sortait prendre l'air, même l’air froid de l'hiver.

Ensuite, au boulot jusqu'à 16 heures! C'était l'entraînement. Il allait répéter avec Michael les mouvements à exécuter dans un film ou dans un message publicitaire. Après, c’était la pause syndicale pour se dégourdir les jambes à l’extérieur. Puis, c’était la sieste, suivie de la collation. Les assistants faisaient un nouveau ménage et quittaient la grange à 18 heures. Michael venait faire un dernier tour vers 22 heures pour border ses petits anges.

L’entraînement d’Angus

Dès leur première rencontre, Michael pressentit qu'Angus avait toutes les qualités pour devenir une vedette internationale. Il ne s'était pas trompé. Angus possédait la force, l'enthousiasme et l'intelligence. Il pouvait exécuter une cinquantaine de mouvements sur commande. Il comprenait jusqu'à 300 mots de vocabulaire comme « Ears! Back up! Move over! ». Mais les deux mots les plus doux à ses grandes oreilles étaient « Good boy », car ils étaient toujours suivis de jelly beans, sa récompense préférée.

Angus n'était pas un chien savant. Michael ne lui enseignait que des mouvements que les éléphants font naturellement à l'état sauvage. Par exemple, ceux-ci se dressent sur leurs pattes de derrière pour cueillir les fruits dans les arbres. Ils se mettent à genoux pour déterrer du sel avec leurs défenses. Ils utilisent leur trompe pour s'asperger et saisir les objets. Le défi de l'entraîneur consiste à ce que ces mouvements soient exécutés sur commande par l’animal et que ce dernier les répète avec la plus grande précision.

Quel est le mouvement le plus facile? Saisir des objets avec la trompe. Parmi les plus difficiles? Se dresser sur les pattes de devant. En fait, pour bien comprendre l'entraînement d'Angus, il suffit de le comparer à celui d'un gymnaste qui doit travailler sa puissance, sa souplesse et son équilibre.

Le secret de la réussite de Michael et d'Angus résidait dans leur grande complicité. Ils passaient beaucoup de temps ensemble et se « parlaient ». Angus était-il joyeux, triste, calme ou énervé? Michael le savait à la façon dont Angus tenait sa tête, bougeait ses oreilles ou reniflait avec sa trompe. Là encore, pour bien comprendre leur relation, il suffisait de la comparer à celle d'une maman et de son bébé avec pour seule différence la taille du bébé!

Angus « superstar  »

Son vaste répertoire et sa présence qui crevait l'écran ont fait d'Angus une grande vedette du cinéma et de la télévision. Toutefois, malgré sa forte stature, il n'avait pas la tête enflée des stars capricieuses. D'ailleurs, Angus voyageait rarement en avion, car Michael ne voulait pas payer la surtaxe pour le poids des bagages. Par contre, il roulait tout de même en première classe dans une spacieuse remorque aménagée pour lui.

Pour Angus, jouer dans un film signifiait vraiment « jouer », au sens propre du terme. Il se classait parmi les éléphants les plus en demande en Amérique du Nord. Son professionnalisme était très apprécié sur les plateaux de tournage d'Hollywood où chaque minute écoulée coûte une fortune. Il avait même décroché le premier rôle dans un film tourné en Afrique, où il ne manque pourtant pas d'éléphants. Le film s'intitulait The Rescuers et a pris l’affiche au début de l’année 1998.

Mais le plus beau souvenir d'Angus reste le tournage des messages publicitaires de l'Industrielle Alliance. « J'ai adoré jouer avec tous ces joyeux enfants. Je devais seulement surveiller de plus près mes jelly beans », nous a déclaré la vedette dans une entrevue spéciale.